Michelle, ma belle…

VOGUE – Oct. 2011.

Michelle Williams fait la couv’ du magazine à l’occasion de la sortie aux US du film My week with Marilyn dans lequel elle joue le role principal.

Pas n’importe quelle couv’ donc, pas n’importe quelle photographe, ni n’importe quel shooting…et pas n’importe quelle actrice.

Eh oui, rappelez-vous, Michelle Williams interpréta la touchante Alma, femme délaissée d’Heath Ledger – Ennis – dans Le secret de Brokebake Mountain ; c’est elle également qui, si juste aux côtés de Ryan Gosling, nous emporta dans Blue Valentine ou l’histoire de ce couple qui s’offre une dernière chance (elle fut d’ailleurs nominée dans la catégorie meilleure actrice à l’Independent Spirit Awards de 2011). Pour les fashionistas, c’est une référence incontournable du look bobo maniant en outre le vintage avec brio (et accessoirement, elle fut l’une des premières à avoir adopté des Swedish Hasbeens😉 )

Bref, une jolie pointure moins « bankable » que certaines certes, mais aussi plus tournée vers le cinéma indépendant, tout en douceur, discrétion, délicatesse et humilité…..un ange passe….

Et être photographiée par une Annie Leibovitz à 30 ans et des poussières, c’est quand même la classe, non ?

Annie, qui ???

Annie Leibovitz, une des femmes photographes la plus cotée du monde, rien que ça ! Devenue célèbre dans les années 70-80 alors qu’elle travaillait pour le magazine Rolling Stones, elle est aujourd’hui spécialisée dans les portraits de célébrités. Glamour, esthétisation des modèles, scénographie très travaillée quasi théâtrale pourraient décrire de manière assez succincte son style. Aujourd’hui, c’est donc à un mythe qu’elles s’attaquent. Avec panache.

En effet, pour ce shooting-promo, Annie Leibovitz a choisi de pasticher Ed Feingersh. Reporter New Yorkais connu pour ses clichés rugueux, spontanés et sans concession, il a suivi Marilyn pendant une semaine en mars 1955 (pour info, le film se déroule en 1956).Personne –ou presque- ne connait son nom et pourtant c’est l’auteur de l’une des photos les plus célèbres de l’actrice : celle où elle tient un flacon de Chanel n°5, glissant du bout des doigts quelques gouttes de parfum au creux de sa poitrine les yeux mi-clos. Marilyn sur la terrasse face aux buildings, c’est aussi lui. Marilyn plongée dans la lecture d’un roman, allongée sur un canapé, c’est encore lui. Marilyn dans le métro New Yorkais, c’est toujours lui.

Finesse, sensualité, grâce….que ce soit Marilyn et Ed ou Michelle et Annie, en 1955 ou en 2011, pour Redbook ou pour Vogue, tout y est, tout fonctionne.

Et c’est tant mieux !