·· BOAmistura ·· ··Vila Brâsilandia··

Quand cinq créatifs madrilènes touche à tout décident de créer un collectif ça donne BOAmistura – bon mélange en portuguais- ; un riche mélange de styles, de points de vues et d’énergies, toujours plus productif ayant pour principe de travailler à 10 mains, 5 cerveaux et 1 coeur!

Aujourd’hui je ne vais pas vous parler d’eux directement mais plus précisément d’une de leurs dernières interventions : un projet participatif d’art urbain à Vila Brasilandia, l’une des favelas de Sao Paulo.

Le but : embellir la favela, la mettre en avant, faire passer un message en y impliquant la population locale  afin que les habitants communiquent plus et soient fiers de leurs quartiers

Le projet s’est concentré sur les « vecos » et « vielas », ces ruelles sinueuses si caractéristiques de la favela.

Au final, un sublime travail typographique des plus colorés, mais aussi et surtout une expérience extra dans ce quartier défavorisé. Et c’est aussi ça la patte de BOAmistura

C’est beau, non ?

Bon je m’arrête là où je continue….

Allez, je continue ! L’occasion est trop belle =)

Ce travail aussi beau et spectaculaire soit il n’a rien d’extraordinaire pour qui feuillette régulièrement des bouquins d’Art Contemporain ou court les expos.

Cela dit, ce n’est pas le cas de tout le monde & même si cela l’était, une petite piqure de rappel ne fait pas de mal.

Savez-vous comment s’appelle ce procédé….Euh non, commençons par le commencement : savez-vous quelles furent leurs démarches pour réaliser cela ?

C’est simple. Mise au noir du lieu (ici, j’imagine qu’ils ont demandé à la ville de ne pas faire marcher l’éclairage public le temps de l’intervention), puis grâce à un retro projecteur, projection de la diapositive sur l’espace choisit. Cela permet l’inscription de la « forme plate » dans l’espace qu’elle doit envahir. Une fois la forme projetée, ne reste plus qu’à s’armer de craies pour repasser les contours de la forme. C’est ainsi que l’on passe de la 2D à la 3D ! Tout simplement ! Quelques coups de pinceaux plus tard, on obtient une image visible en un point unique.

Eh oui, la lisibilité de l’image n’est possible que selon un certain angle.

Et ce procédé s’appelle….une anamorphose !

(EH,eh…ça vous en bouche un coin !J’admets qu’après la scopophilie et le palimpseste je fais fort…mais c’est de l’Art!)

Une anamorphose est une déformation réversible d’une image à l’aide d’un système optique (tel un miroir courbe) ou un procédé mathématique. Certains artistes tels Georges Rousse ou Felice Varini ont produit des œuvres par ce procédé et ainsi créent des images déformées qui se recomposent à un point de vue préétabli, privilégié.

Historiquement, l’anamorphose est l’une des applications des travaux de Piero Della Francesca sur la perspective. Cet art de la perspective secrète connait des applications multiples aussi bien dans les domaines de l’architecture et du trompe l’œil que dans des applications utilitaires (par exemple, les impressions sur des supports cylindriques comme les canettes : anamorphose, la signalisation routière pour les vélos peinte au sol : anamorphose encore etc..)

Dominique Antony autre artiste utilisant ce principe en parle ainsi : « L’image inattendue jaillit vers le regard ébahi du spectateur. C’est un secret et celui qui l’a découvert, le garde ou le divulgue. Cette scénographie de l’anamorphose utilise les ressources et les contraintes de l’architecture pour créer un point de vue magique avec celui que, soudain, l’anamorphose rencontre. »

Belle rencontre, en effet!

(Pics from boamistura.com)