Isabel au firmament & sa Dream Team… évidemment!

D’Isabel Marant on a tout dit ou presque. Il n’empêche, même si son style ne cesse de s’imprimer sur cette génération, on ne sait pas forcément qui elle est, d’où elle vient et pourquoi cette étoile n’en finit plus de briller.

Du talent à revendre. Assurément !

Mais cette nana low profile (elle déteste les mondanités), low tech (elle le dit elle-même) et finalement très terrienne est très loin de cette image de créatrice glam’ qui affole les fashionistas de la planète entière.

Fi des strass et paillettes qu’elle ne met que sur ses vêtements, Isabel est une fille d’ici nourrie de là-bas, avec cette gouaille franche et attachante qui laisse présager un tempérament bien trempé ; une fille pleine de convictions et qui à force de travail et de remise en question a pris le temps de se construire sans que le temps semble avoir la moindre emprise sur elle.

La diffusion d’un portrait sur elle réalisé par l’excellent Loïc Prigent (auteur de nombreux do-cu-ltes tel Anatomie d’un magasin sur le concept store Colette  ou encore Signé Chanel, Habillés pour l’hiver…) ce vendredi 2 mars sur Arte à 22h05  intitulé Le jour d’avant Isabel Marant et un chouette article dans le Grazia de cette semaine est l’occasion idéale de faire le point sur cette fille qui nous accroche tant.

Née à Boulogne Billancourt (92), Isabel grandit en région parisienne. De sa petite enfance, elle gardera surtout le gout pour les voyages (et cela influencera définitivement son style). Alors qu’elle a une quinzaine d’années le père d’Isabel lui offre une machine à coudre. L’opportunité pour l’adolescente de se démarquer du style BOBOR (bourgeois boring) de ses camarades Neuilléens, mais surtout de créer et porter des vêtements qui lui ressemblent.

Petit à petit, elle commence à transformer tout ce qui lui tombe sous la main : elle chine de vieux tissus, retravaille des vestes & porte ainsi des vêtements qui lui plaisent sans se soucier des modes. C’est en vendant ses créations dans un dépôt vente des Halles, qu’Isabel Marant trouve sa vocation. Après son bac, elle intègre le Studio Berçot où son style à mi-chemin entre la mode de la rue et la Haute Couture inabordable lui vaut déjà des nombreux éloges. Son diplôme en poche en 1987, elle travaille pour Michel Klein, collabore avec la marque York & Cole puis Claude Montana & Michel Perry et devient l’assistante du Directeur Artistique Marc Ascoli (projets pour Yohji Yamamoto, Martine Sitbon & Chloé).

Parallèlement, elle commence à tater du fer à souder et à créer des bijoux.C’est d’ailleurs en proposant des bijoux et des accessoires qu’elle assurera le financement de sa propre entreprise.

Photos de son atelier parues dans le ELLE UK de septembre 2010.

 En 1990, Isabel se spécialise dans la maille et lance TWEN sa première entreprise. Elle ne sera pas seule. Cela se fera avec sa maman « jusqu’à ce que je me sente suffisamment forte pour me lancer toute seule » avouera-t-elle plus tard. TWEN sera en fait l’ébauche de la collection Isabel Marant qui verra le jour en 1994.

Dès le début l’étoile Marant s’entoure d’une galaxie humaine & libre qui fait vibrer son orbite : Sophie Duruflé (Directrice Générale) et Nathalie Chemouny (la Directrice Retail) amies et collaboratrices de longue date, sont les piliers du système Marant. Un mari Jérôme Dreyfuss, alter ego brillant dans la maroquinerie et soutien indéfectible. Franck Durand, son Directeur Artistique, véritable alchimiste qui a su au fil de ses défilés et des campagnes de pub nous rendre plus proche des créations Marant. On peut citer également Arnold Goron, plasticien qui intervient au niveau des vitrines des boutiques tel une extension de la culture maison…et bien d’autres encore.

Tout ce monde travaille dans la même direction sans qu’aucun ne piétine les plates-bandes de l’autre.

Travail d’Arnold Goron en septembre 2011 pour la boutique de Broome Street- New York. Et ici, dans la boutique de la rue Saintonge – Paris.

 Cette fille a du tempérament c’est indéniable. Déjà toute petite, elle remplaçait le point de son prénom par cette étoile dessinée à la main –emblème aujourd’hui de sa collection- afin de se démarquer.

Aujourd’hui ses collaborateurs la disent pétillante, spontanée, fonctionnant au feeling, pas polluée par le succès et axée sur les choses du quotidien. D’ailleurs, Isabel Marant c’est aussi synonyme de marque indépendante (et c’est suffisamment rare pour être souligné).

Sophie, sa directrice générale confie dans Grazia : « Depuis vingt ans, la boite a toujours été en croissance maitrisée. On s’autofinance, Isabel tient beaucoup à son indépendance. Avec Nathalie (la directrice du réseau des boutiques), on fait très attention à cela. »

Quant à Isabel, elle en parle en ces termes : « J’essaie de faire quelque chose de singulier. Le fait d’être indépendant, de ne pas faire partie d’un énorme groupe, cela permet de ne pas avoir de compte à rendre. A quiconque. » Un peu plus tard dans l’interview quand on lui demandait si être indépendante est un avantage ou un inconvénient, elle répondait : « C’est beaucoup plus rentable, parce qu’on investit ses propres sous et on les gère. Dans les grandes maisons, il y a vraiment plus de gâchis (…) Moi, je ne commande pas un mètre de tissu qui ne va pas me servir. » Et de rajouter « Dans un monde super uniformisé, mondialisé, le fait d’etre indépendant permet de faire de vrais choix de stratégies. Ce qui m’interesse dans le vetement, c’est que l’on sent qu’il y a quelqu’un derrière. Pour cela, il faut garder le controle. » (extrait de TechnikArt Mademoiselle n°8)

Isabel a beau faire la pluie et le beau temps sur les tendances, avoir cette aura qui fait qu’elle pourrait tout se permettre, elle reste cette fille opiniâtre, bosseuse et pragmatique.

Son objectif n’a pas évolué depuis ses débuts en 1990. Elle veut créer des vetements pour « les filles qui bossent, qui ont des centres d’intérêt, des convictions, des partis pris, une personnalité. » Plutôt urbaine et trendy donc. Et quand on lui demande quelle est sa ligne directrice, elle répond « Je suis styliste, je ne suis pas créatrice. Les vêtements pour moi ce n’est pas de l’art. Moi je m’attache à créer une différence dans une coupe, des couleurs, des matières (…) et j’ai envie d’utiliser des matières naturelles parce que la pollution ça me gonfle. » (TechnikArt Mademoiselle n°8)

Et des différences ces dernières années, elle en a crée : ces superpositions de pièces d’horizons différents, ce penchant pour les pièces empruntées au vestiaire masculin qu’elle associe à des blouses, des robes dont les faveurs –plumetis, broderies ou autre dentelles- sont dignes des vestiaires de nos aïeules, les coupes oversize, le top résille, la chemise à carreaux, le slim 7/8è, les chaussures à bouts pointus, les low boots que l’on a TOUTES portées et que l’on porte encore, le pull irlandais, les bottes plissées, les franges, le rose bubble gum, le bleu éléctrique, le rouge incendiaire….et j’en passe, c’est Isabel herself !

Alors quand Jérôme Dreyfuss dit d’elle « Ce qui me fascinait au début de notre relation, c’était de réaliser que ma sœur, ma mère et ma grand-mère achetaient toutes des vêtements chez Isabel. Il n’y a pas de marque comme ça. Très vite j’en ai conclu qu’après Coco Chanel et Sonia Rykiel, il y avait Isabel Marant. Elle a imposé une allure. », je suis entièrement d’accord avec lui….et je ne suis pas sure que ce docu de Loïc Prigent me fasse changer d’avis !

En attendant de la voir pour de bon, voici un petit aperçu en photos et vidéo (elle commente sa collection de l’été 2012)…juste pour le plaisir, juste pour la gouaille, et juste parce qu’on ne se lasse pas de voir ces si jolies silhouettes =)

(Pics from tendances-de-mode,balibulle, uptowntwirl, plurielles.fr, mommygotstyle & Charliestine)

Défilé Isabel Marant Printemps / Eté 2009.

Défilé Isabel Marant Printemps / Eté 2011.

Extraits de défilé, la pink touch version Marant.

Extraits de défilé.

Défilé Isabel Marant Printemps / Eté 2010.Défilé Isabel Marant Printemps / Eté 2010.

Défilé Isabel Marant Automne Hiver 2010-2011.