÷ Retrospective Tim Burton à la Cinémathèque ÷

A seulement 53 ans, et juste après l’immense Stanley Kubrick, Tim Burton a choisi Paris et la Cinémathèque pour installer sa rétrospective, déjà présentée au MOMA à New York en 2009.

Ce sont 500 dessins, photos, robots, maquettes, sculptures, courts et longs métrages -sorte de radiographie de l’imaginaire de Burton oscillant entre merveilleux et monstrueux- qui nous sont généreusement offert à déguster.

A travers cette expo on comprend vite qu’avant d’être un cinéaste, Burton est un dessinateur.

Mais qu’importe, ce qui compte c’est cet univers riche et foisonnant qui lui est si propre, ce « freak show » qu’il cultive inlassablement depuis tant d’années et dont nous sommes devenus si friands.

Oui, car ce qui fait sa singularité c’est non seulement son univers mais surtout ses personnages. IL a en effet inventé toute une galerie d’individus plus excentriques les uns que les autres, qui évoluent tant bien que mal dans un monde qui ne les comprend pas.

On pense évidemment à Edward aux mains d’Argent qui se croit comme tout le monde mais que tout le monde pointe du doigt, ramenant cet être fragile à ce qu’il est avant tout : une invention folle de son maitre décédé avant d’avoir pu le terminer. Il sera donc condamné à vivre dans cet entre deux monde : pas tout à fait un robot mais pas tout à fait un humain non plus.

 « J’aime les personnages extrêmes mais qui n’ont pas conscience de leur étrangeté » dira Burton.

Son cinéma se caractérise par des histoires mettant en scène des personnages marginaux, des êtres hors norme confrontés à la méchanceté du monde réel. Le cinéaste nous livre avec brio une interprétation de l’antihéros. Leur étrangeté devient leur beauté, et les place dans une position qui leur permet d’avoir du recul et de porter un jugement sur nos systèmes de valeurs.

Inspiré par Edgar Allan Poe, le cinéma fantastique, le cinéma expressionniste allemand, le gothique et le Pop Art entre autres, Burton est avant tout un éternel enfant qui a su mêler cette extra sensibilité à un humour corrosif teinté d’ironie, alliant habilement le macabre et la comédie.

On dit de cette expo qu’elle laisse percevoir toute la dimension esthétique et poétique de cet homme qui s’est longtemps considéré comme un marginal.

A découvrir dès aujourd’hui et jusqu’au 5 Aout 2012 à la Cinémathèque (51 rue de Bercy – 75012 Paris.)

(Pics from Tim Burton)

En bonus la bande annonce de « Frakenweenie » un court métrage d’animation issu du travail de jeunesse de Burton, alors qu’il travaillait pour les Studios Disney et qu’il a réadapté pour l’occasion. ( sortie en salle automne prochain)