L’Art et la Matière.

Avant de vous parler de Margote céramiste, je dois vous avouer que la découverte de la collection de vaisselle Affamée réalisée par le détonnant duo Tsé & Tsé, fut pour moi une vraie révélation : j’ai découvert la porcelaine.

C’était il y a environ 10 ans.

Non pas qu’à cette époque je ne connaissais pas la porcelaine, non…c’est juste que pour moi elle avait soit cette connotation très « antiquaire », jolie certes mais pas trop mon style à l’époque, soit ce côté lourd et sans finesse des mastodontes (dinosaures ?) des Arts de la table type Villeroy et Boch.

C’est propre, bien réalisé mais en ce qui concerne le travail avec la matière : le dialogue, le jeu, l’interaction entre la matière et le créateur puis le consommateur….cela leur fait cruellement défaut !

Très –trop- académique !

Alors oui, quand j’ai découvert que l’on pouvait exploiter cette matière différemment, quand j’ai réalisé quelles étaient ses propriétés et que j’ai enfin pu faire le distinguo entre porcelaine et faïence/céramique, ce fut une révélation.

Pour ceux qui ne le savent pas, petit récap’ version Wikipédia.

La faïence est une terre cuite à base d’argile recouverte d’une glaçure qui contient de l’étain, ce qui masque totalement la pâte avec laquelle elle a été façonnée & lui donne son aspect caractéristique blanc et brillant.

La faïence est l’une des plus communes et des plus anciennes techniques utilisées en céramique.

Recouvertes de cet émail à base d’étain blanc ou coloré, les pièces de terre cuite deviennent des faïences. Elles restent cependant, du fait de leur composition, des céramiques poreuses, moins sonores, moins dures et moins denses que les grès ou les porcelaines.

La porcelaine n’est pas issue d’une argile naturelle mais est principalement composée d’un mélange de quartz, de feldspath et de kaolin. Une fois le modelage de la pièce achevé, la pâte de porcelaine après séchage subit une première cuisson en dessous de 1000°C. L’objet poreux obtenu appelé biscuit est ensuite émaillé par vaporisation ou par trempage puis cuit entre 1260 et 1400°C.

Cette cuisson à haute température provoque une vitrification en profondeur qui rend indissociable le biscuit de sa glaçure.

La porcelaine se caractérise ainsi par sa grande finesse et sa translucidité ce qui lui confère ce statut si particulier.

 

Si j’ai été un peu longue, c’est afin de vous faire apprécier comme il se doit le superbe travail de Caroline Girardon créatrice de Margote.

Margote céramiste c’est l’histoire d’une femme qui se reconvertit et ouvre un atelier en 2008. Elle y réalise à la main des créations en porcelaine blanches alliant esthétisme et praticité dans le respect de la matière qu’elle travaille avec passion.

« Une terre noble et dure(…) capricieuse, complexe et surprenante. Aussi étonnante que difficile à travailler, mais (qui) a de grandes qualités. » (entretien accordé à ELLE.fr _ octobre 2011)

Ses créations poétiques et raffinées aux lignes épurées, intemporelles laissent apparaitre des irrégularités et des imperfections qui font tout le charme de ses créations.

Quant au blanc qui est sa marque de fabrique, elle dit qu’il représente « le commencement, la nouveauté mais aussi la simplicité, la pureté et le silence », « que le blanc nourrit les couleurs, qu’il exprime le contenu, comme un joli bouquet, un plat cuisiné avec soin ».

Repérée par la maison BONPOINT pour qui elle a signé une dinette en porcelaine ainsi qu’un ensemble pour bébé, Caroline est de plus en plus demandée et multiplie les collaborations.

Une artiste qui donne envie d’être suivie….

(Pics from margoteceramiste.wordpress.com & blog.initialdéco.fr)