.Jazz Connection.

 

Sur les lamelles d’une kalimba, Youn Sun Nah égrène quatre notes…de ses doigts elle pose cette touche orientale qui twistent d’un seul coup « My favorite Things » la célèbre mélodie de Rodgers & Hammerstein. De sa voix, elle balaie définitivement Julie Andrews, Sarah Vaughan ou John Coltrane.

You Sun Nah a réussi l’exploit d’exploser des standards pour mieux les sublimer. Indiscutablement sidérante et très bien entourée ( son guitariste Ulf Wakenuis est un grand, un très grand bonhomme), cette sud -coréenne s’est imposée en peu de temps et figure dorénavant au panthéon des reines du Jazz.

Découverte l’été dernier lors du Festival de Jazz des Cinq Continents (Merci Ben !), elle a soufflé le chaud et le froid dans mes oreilles, aussi ai-je eu besoin de temps afin d’apprécier à sa juste valeur cette performeuse.

Car Youn Sun Nah n’est pas qu’une (grande) artiste ; elle est en plus une excellente technicienne capable d’écarts à faire pâlir les chanteuses d’Opéra.

Son jeu tout en nuance lui donne la possibilité d’être d’une grande douceur mais aussi d’affirmer une incroyable puissance. D’émotions sincères en risques fous, de pirouettes en acrobaties, elle nous emmène et l’on devine ses possibilités illimitées.

En fait pour etre franche, cette fille m’a fait l’effet d’une illuminée, habitée par son art. De la musique coule dans ses veines (au sens figuré et -presque- au sens propre: sa mère est cantatrice et son père chef d’orchestre). Elle chante comme si elle inventait le chant, c’en est assez hallucinant…mais épuisant aussi, il faut bien l’avouer.

Un condensé de tant de virtuosité et de performances vocales peut devenir assommant.

Certes, je ne l’écouterai pas en boucle mais son génie vaut incontestablement le coup d’être connu….

J’vous laisse vous faire votre propre opinion et on se retrouve très vite.

See U.

(Pic from paris-move.com)