Le Street Art Girly et plein d’esprit de Mlle Maurice

Mademoiselle Maurice est une touche-à-tout un peu artiste, un peu scénographe, un peu plasticienne qui explore de nombreux médiums (photographie, peinture, broderie, dentelle, origami) afin de créer des œuvres techniquement abouties hors les murs de son atelier parisien.

Peut-être avez-vous déjà croisé d’ailleurs une de ses interventions urbaines de la série « origami » car la demoiselle ne cesse d’essaimer ses installations éphémères sur les murs parisiens.

C’est ainsi qu’on a pu voir à la sortie du Palais de Tokyo un de ces arcs-en-ciel de papiers composés de centaines de pliages en origamis.

Mais ne vous fiez pas à l’apparence naïve de ses réalisations, elles sont le fruit d’un long travail de réflexion, pleines de sensibilité et d’esprit.

En effet, Mademoiselle Maurice préfère « l’optimismes de l’action au pessimisme de la pensée » (citation d’Harold Zindler). Elle aime capter le regard d’autrui par des choses agréables tout en offrant des pistes de réflexion.

La série « Origami » par exemple est directement inspirée par l’année que Mademoiselle Maurice passa au Japon, ou plus exactement par l’histoire de la petite Sadako Sasaki.

Sadako fait partie de ceux qui ont vécu l’horreur de la bombe Hiroshima ; tragique conséquence : elle fut atteinte d’une leucémie. On lui raconta alors la légende japonaise des 1000 grues : pour exaucer un vœu, il fallait réaliser 1000 grues en origami. Son souhait fut donc de guérir mais Sadako décéda à l’âge de 12 ans après n’avoir confectionné que 644 grues.

Depuis, nombreux sont les enfants japonais à confectionner des grues à la mémoire de Sadako.

La grue est devenue un symbole de paix.

Et Mademoiselle Maurice de nous livrer là une réinterprétation positive et colorée de cette légende urbaine : à travers des heures d’un travail précis, méticuleux et répétitif elle a choisi de recréer d’innombrables entités pour donner vie à un réseau humain dans un contexte (presque) naturel.

Elle souligne ainsi les liens qui existent entre les êtres humains et toute la richesse qui en émane.

Mais finalement, peu importe si le message de l’artiste passe ou pas. Ce qui compte c’est que ces réalisations transmettent indéniablement une émotion que chacun peut s’approprier d’une part, et le vent de fraicheur qu’elle apporte à l’univers du Street Art d’autre part, non ?

(Pics from mademoisellemaurice.com)